VTC, taxi, livraison : transporter des personnes ou des marchandises contre paiement change la nature du risque. Un contrat souscrit pour un usage privé peut être vidé de sa garantie exactement le jour où tu en as besoin.
Tu as pris ton contrat auto quand la voiture servait à aller au travail. Depuis, tu fais du VTC le soir, ou tu livres pour une application, ou tu déposes des collègues contre participation aux frais. La voiture n’a pas changé. Le risque, si.
Le Code liste les clauses d’exclusion que les contrats peuvent valablement contenir sans que l’assuré soit dispensé de son obligation d’assurance. Parmi elles :
les dommages subis par les personnes transportées à titre onéreux, sauf en ce qui concerne les contrats souscrits par des transporteurs de personnes pour les véhicules servant à l’exercice de leur profession.
Lis la réserve dans les deux sens. Si tu es transporteur professionnel et que ton contrat a été souscrit pour cet usage, tes passagers payants sont couverts. Si ton contrat a été souscrit pour un usage privé et que tu transportes des passagers payants, l’exclusion est valable — et ce sont précisément tes passagers qui ne sont pas couverts.
C’est la situation la plus coûteuse possible : le risque est maximal (des personnes à bord, plusieurs heures par jour) et la garantie est absente exactement là.
Deux autres exclusions autorisées touchent souvent les usages professionnels :
Le Code met à ta charge une obligation qu’on oublie systématiquement : déclarer, en cours de contrat, les circonstances nouvelles qui aggravent le risque ou en créent de nouveaux et qui rendent inexactes tes réponses initiales.
Le délai est court, et la forme compte autant que le fond.
Passer d’un usage « promenade et trajets domicile-travail » à un usage professionnel de transport est exactement le type de circonstance visé.
Une fois informé d’une aggravation, l’assureur a deux options : dénoncer le contrat en te remboursant la fraction de prime non courue, ou te proposer un nouveau montant de prime. Il ne peut pas garder ta prime actuelle et refuser la garantie.
Et une protection importante joue en ta faveur : l’assureur ne peut plus se prévaloir de l’aggravation du risque quand, après en avoir été informé de quelque manière que ce soit, il a consenti au maintien de l’assurance. Un assureur qui encaisse ta prime en sachant que tu fais du VTC ne peut pas ressortir l’argument le jour du sinistre.
D’où le seul conseil qui vaille : déclare, et garde la preuve écrite de la déclaration.
Le mécanisme fonctionne aussi dans l’autre sens. Si ta prime a été fixée en tenant compte de circonstances spéciales aggravantes mentionnées dans la police et que ces circonstances disparaissent, tu as le droit de résilier sans indemnité si l’assureur ne consent pas à la diminution de prime correspondante.
Deux issues, selon ce que l’assureur parvient à établir :
Dans les deux cas, la victime que tu aurais blessée reste indemnisée : ni les déchéances, ni la réduction proportionnelle, ni les exclusions des articles 207 et 208 ne lui sont opposables. L’assureur paie pour le compte du responsable, puis se retourne contre lui. Le responsable, c’est toi.
Il faut le dire aussi, parce que la confusion inverse existe : la garantie obligatoire couvre la responsabilité civile de toute personne ayant la garde ou la conduite du véhicule, même non autorisée, ainsi que celle des passagers, du souscripteur et du propriétaire. Prêter sa voiture à un ami n’annule pas la RC.
Les seuls exclus de cette extension sont les professionnels de la réparation, de la vente et du contrôle automobile — eux doivent souscrire leur propre contrat pour les véhicules qui leur sont confiés.
Par écrit, et garde les réponses. Un usage professionnel non déclaré est la première cause de refus de garantie sur laquelle les conducteurs de la zone se cassent les dents — et c’est aussi la plus simple à corriger avant l’accident.
Chaque affirmation de cet article s’appuie sur un texte que tu peux aller lire. Les valeurs légales viennent de notre table de références, pas du texte de l’article.
Information indicative et non contractuelle. Seuls les documents contractuels signés (Conditions Générales et Particulières) font foi. Soleo ne vend pas d’assurance et ne perçoit aucune commission d’un assureur.